Africa-Otherwise - L'Afrique Autrement

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Talon a tout intérêt à respecter ‘’la rupture’’ dans le ‘’nouveau départ’’

Face à l’alliance républicaine soutenue par les trois plus importants partis du pays et l’appareil de l’état, la coalition pour la rupture a triomphé.

Mais régulièrement en Afrique, quelques soient les engagements pris avant d’être élu président de la république, il arrive qu’on n’oublie les principes qui ont prévalus à son élection voire les engagements pris publiquement comme secrètement.

 

Patrice Talon a été élu est élu président de la république Béninoise. Selon la Cour, le futur président de la République du Bénin, Patrice Talon, a remporté l’élection présidentielle avec 65,37% (2 030 941 voix validées), a informé cette dernière par voie de communiqué le 25 mars. Le Premier ministre Lionel Zinsou a pour sa part totalisé 34,63% des suffrages (1 076 061 voix validées).

 

C’est presque le triple du score qu’il a obtenu au soir du 06 mars, au terme du premier tour du scrutin présidentiel au Bénin.

Et pour y arriver le nouvel homme fort du Bénin aujourd’hui a dû être porté par plus d’une vingtaine de candidats, soit exactement 25 avec leur score insignifiants parfois pour les uns et fort considérable pour d’autres issus du premier tour. Crabe, tortue, caméléon, ont dû partager le même panier. L’essentiel étant de s’en sortir tout simplement.

 

S’en sortir aux yeux des responsable de la coalition pour la rupture, c’est d’éviter à tout prix, ‘’un troisième mandat’’ déguisé de Dr Yayi Boni, détesté et très contestés par ses concitoyens au terme de 10 ans de gouvernance scandaleux.

 

Oui la coalition pour la rupture s’en est sorti. Une victoire qu’on peut attribuer au tandem Talon - Bio Tchané. C’est en réalité le tandem gagnant.

 

                                                            

                         Le Tandem GAGNANT : ABT et Talon

 

Pendant toute la campagne, on se rappelle les attaques fratricides, totalement indigne de son rang, de Dr Yayi Boni contre le porte-parole de la coalition pour la rupture El Hadj Abdoulaye Bio Tchané. Celui-là même qu’il prétend être son ‘’frère de sang’’ et envers qui, il disait avoir une ‘’dévotion d’amour’’. Si la candidature des richissimes Sebastien Ajavon et Talon Patrice inquiétait le président sortant du Bénin, celle de ABT lui donnait plutôt de l’insomnie (seul homme politique parmi les principaux adversaires, classé 3e à la dernière présidentielle, économiste et financier rompu et maitrisant le territoire et les contours de tous les scandales financiers de son règne, qualifié par les journalistes béninois d’opposant le plus constant de Yayi Boni pendant ces dix dernières années, etc… les raisons sont multiples).

 

Avec un petit recul et en revisitant le processus faits et actes qui ont permis à la coalition pour la rupture de triompher, on comprend aisément que l’homme a joué un rôle prépondérant dans la fermeture de la page Boni et surtout en parfaite complicité avec le président élu Patrice Talon. Une certaine complicité entre deux hommes qui ont eu du courage et ont travaillé nuit et jour (bien évidemment que la contribution des autres a suivi plus tard), pour faire échec à la stratégie du KO annoncée au profit du Premier Ministre Lionel Zinsou. Tous les éléments convergent aujourd’hui à dénommé ce duo ‘’un Tandem Gagnant’’ pour le bien du Bénin.

 

Les deux hommes quelques soient leurs ambitions individuelles, ont bien vite compris qu’il fallait faire ‘’front commun’’ en terme d’idées, et de moyens pour réussir là où l’opinion générale a commencé par leur réserver un échec cuisant.

 

Pour mémoire, la première victoire du tandem gagnant ABT – Talon était à l’assemblée Nationale. Patrice Talon et Abdoulaye Bio Tchané ont dans une entente totale tout donné pour faire du Me Adrien Houngbedzi, chef de fil de l’opposition Béninoise, Président de l’assemblée Nationale. Tout s’est joué à un député près. Ce n’est un secret pour personne. La classe politique béninoise et la population en sont témoins. Et nul ne peut le nier. Mais l’opportunisme politique prendra le dessus de son choix de soutenir un candidat à la présidentielle du 06 mars.

 

Sous le couvert d’un pseudo choix du parti PRD de ne plus jouer à l’opposition, le président Houngbedzi, s’est interdit de soutenir l’un de ceux qui ont fait de lui ce qu’il est à l’Assemblée Nationale. C’est d’ailleurs avec surprise que tous avaient appris à la victoire de l’un de ces derniers face au candidat de son choix (Lionel Zinsou) que Me Houngbedzi se dit disponibilité à collaborer avec le nouveau pouvoir alors même qu’il doit assumer ses responsabilités en tant qu’opposition. Opportunisme politique encore une fois. Passons.

 

En tout cas, on retient que ce tandem a réussi à cette première étape de sa collaboration même si la reconnaissance n’était pas au bout.

 

L’annonce de la création de la coalition de la rupture piloté surtout par le même tandem ABT et Talon, est aussi une victoire d’opinion sur l’esprit du KO qui retentissait à la candidature du Premier Ministre Zinsou, soutenue par les plus grands partis politiques du pays à l’instar de celui au pouvoir FCBE et du principal parti de l’opposition PRD et du RB. Il est vrai que tenant compte des résultats obtenus lors des dernières élections, Lionel Zinsou sur papier était parti pour gagner les élections avec plus de 70% au premier tour. Lors des dernières législatives, les FCBE, la RB et le PRD ont, à eux trois, raflé 50 des 83 sièges à l’assemblée. Mais c’est sans compter avec la détermination de la coalition pour la rupture. Au cœur même de l’équipe de Zinli, on était persuadé que la règle mathématique ne donnait aucune assurance avec la création de la Coalition pour la Rupture.

 

Pour preuve, cette phrase du président Boni qui nous a été rapportée par un de ses proches lors de la campagne électorale sous anonymat « Abdoulaye Bio Tchané a brisé notre plan » est révélatrice. C’est aussi sans doute l’une des raisons pour laquelle il l’a détesté un peu plus durant tout le processus électoral.

Abdoulaye Bio Tchané et Patrice Talon sont aussi les deux signataires de la requête à la cour constitutionnelle ayant pour conséquence le report du scrutin du 28 février et la dissolution  du Cos Lépi, puisque son président avait déjà un parti pris et a même déclaré publiquement que son candidat Lionel Zinsou gagnerait par coup KO ces élections.

 

Mieux, alors que beaucoup hésitaient et doutaient de la prise des responsabilités à la direction de la coalition, c’est encore Abdoulaye Bio Tchané soutenus par Patrice Talon et ensuite Sébastien Ajavon que les activités de la coalition ont été conduit sur toute la ligne jusqu’à la victoire finale.

 

Porte-parole, il a été le premier à déclarer son soutien à M. Talon au deuxième tour de la présidentielle du 20 mars. Il a aussi œuvré pour le ralliement de plusieurs autres candidats à la cause de Patrice Talon rendant incontournable la victoire de la Coalition.

 

En tout état de cause ce tandem Bio-Tchané Talon qui a bien fonctionné sur toute la ligne doit être encouragé à transcender toutes les divergences pour continuer à travailler ensemble dans une action gouvernementale concertée pour le grand bonheur du peuple béninois. 

 

Plusieurs journalistes béninois n’hésitent pas ces derniers temps à annoncer ABT comme probable premier ministre de Talon ou ministre d’état chargé de l’économie, des finances et de la coordination des actions gouvernementales. Vrai ou faux, on attendra le 06 Avril pour le découvrir. Et si cela se confirme, les béninois sauront apprécier l’engagement d’un tandem gagnant

 

 

Du Respect de la Rupture dans le nouveau départ

 

Il est nécessaire, alors que Patrice Talon s’apprête à prendre le pouvoir et à annoncer son premier gouvernement, de rappeler à toute cette équipe qu’elle doit incarner la vraie rupture pour laquelle le peuple béninois l’a mandaté.

 

En suivant certains débats qui ont fait cours après l’élection de Talon, on comprend aisément que beaucoup ne maitrise pas le vrai sens que la coalition qui a gagné les élections donne au mot « Rupture ». Désormais c’est la rupture dans le nouveau départ.

 

Il s’agit en fait de rompre avec les mauvaises habitudes qui ont émaillé le mandat du président Yayi Boni, de rompre avec un système de gouvernance décrié par tout le peuple béninois voire même ces hommes qui l’ont animés, marqués ou simplement qui ont été des acteurs. Dire qu’on fait de la rupture en reprenant les mêmes personnes qui ont incarnés un système de gouvernance chaotique, durant de longues années.

 

Oui pour gagner, trop de calcul n’avaient pas été fait au sujet de tous ces cadres qui ont quitté au dernier moment Dr Boni pour se présenter candidat à sa succession et qui sont en fait aussi responsable du bilan minable de gouvernance de Dr Yayi Boni à la tête du pays.

 

C’est quelque chose que le président Talon ne doit pas oublier dans la composition de son premier gouvernement.

 

Les mettre dans son premier gouvernement constituerait d’un point de vue général, une première trahison de la cause pour laquelle il est élu. Et ce ne serait pas un bon signe de tomber en disgracie avec le vaillant peuple béninois de sitôt.

 

Ces personnes, sans trop vouloir les citer, le président Talon le sait, ont les mains ''souillées'' de ce qui négativement marqué la gouvernance du président Boni. il devra donc savoir les utiliser quelques soit le rôle qu'ils ont jouer dans sa victoire finale.

 

A bon entendeur Salut

 

 

Chronique de Ken LOGO Publié par http://canalinfosud.com/

 



03/04/2016
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