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Togo: La conférence épiscopale condame les violences jusque dans une des ses paroisses.

Lors de la marche pacifique de protestation de réclamation organisée par le CST les 12 et 13 Juin dernier, les forces de la gendarmerie se sont introduits dans les locaux de la paroisse Saint Augustin d'Amoutivé, ont frappé tous ceux qu'ils ont pu trouver sur place, ont lacé des gaz lacrymogènes dans l'église alors que des fidèles y étaient en train de prier devant le très saint sacrément, ont jeté des gaz lacrymogènes dans les salles de classe alors que des enfants en cours primairs y étaient. Et pourquoi, des jeunes pourchassés par des forces de la gendarmerie lors de la dispersion des manifestations se seraient allés se refugier dans l'enceinte de l'église. la réaction de l'église catholique togolaise a tardé à venir.

 

 

Une semaine après, la conférence épiscopale réuni a conclu qu'"il ya eu profanation de l'église Saint Augustin d'Amoutivé" et a décidé de la fermer provisoirement, le temps d'une cérémonie de purification avant que les fidèles ne réintègrent le bâtiment. Les messes pour l'instant se dérouleront dans le foyer de la paroisse jusqu'à ce que cette cérémonie de purification ait lieu.

 

La conférence épiscopale a condamné avec la dernière rigueur la repression et les violences dont ont été victimes déjà des populations togolaises meurtries par la faim et la pauvreté et demande que les auteurs de ces actes soient rappeler à l'ordre.

 

Voici en intégralité la déclaration de la Conférence Episcopale du Togo

 

 

DECLARATION DE LA CONFERENCE DES EVÊQUES DU TOGO (CET)

 

 

Objet : Protestation et condamnation

 

Au premier jour de ses travaux, ce mardi 19 juin, La Conférence des Evêques du Togo, réunie en sa 2e session ordinaire de l’année 2012, a examiné les graves incidents survenus le 13 juin  à la paroisse St Augustin d’Amoutivé, dans l’archidiocèse de Lomé.

Des forces de l’ordre ont poursuivi jusque dans l’enceinte  de la paroisse des personnes qui y cherchaient refuge.

 Des gaz lacrymogènes ont été lancés non seulement dans l’enceinte de la paroisse où se trouve une école mais surtout dans l’église, maison de Dieu, lieu d’adoration et de grand respect.

 Des enfants togolais de cette école primaire de la paroisse ont été profondément traumatisés par ces violences indignes de ceux qui sont appelés à assurer la sécurité des fils et filles de notre pays.

Des personnes qui travaillent ordinairement sur la paroisse ont été interpellées par des gendarmes.

De paisibles fidèles venus pour l’adoration devant l’autel de Dieu et devant le Saint Sacrement qui est, pour nous catholiques, le sacrement de la présence réelle de Jésus-Christ, notre Seigneur et notre Dieu, ont également essuyé des rafales de gaz lacrymogènes 

Des dommages et dégâts matériels ont été causés dans l’église et ses alentours.

  Devant ces actes indignes et irrévérencieux vis-à-vis des personnes et des lieux sacrés la Conférence des Evêques du Togo tient à dire publiquement sa consternation et le choc profond qu’elle ressent en ce moment.

Les Evêques du Togo condamnent fermement ces actes sacrilèges posés brutalement par nos forces de sécurité.

   La Conférence des Evêques du Togo tient à dire sa profonde désapprobation, sa vive préoccupation devant de telles attitudes  qui en ajoutent aux souffrances de notre peuple, ce peuple que Dieu conduit et protège.

 

La Conférence des Evêques tient à rappeler que les églises sont des lieux sacrés qui doivent être respectés comme tels. Toute intrusion brutale en leur sein constitue un acte de violation inacceptable et une profanation.

La Conférence rappelle, par ailleurs, que depuis toujours, il est communément admis dans le monde entier que les églises sont considérées comme des lieux de refuge et d'asile, d’où il est inconvenant de déloger ceux qui fuient quelque danger et qui s’y refugient.

  Par conséquent, les Evêques du Togo demandent avec insistance que les instigateurs de cette violation soit rappelés à l’ordre et instruits avec exigence afin  qu’ils prennent conscience de la gravité des actes qu’ils ont posés dans la maison de prière, maison de Dieu.

Que les responsabilités soient établies et les victimes reconnues et rétablies dans leurs droits et leur dignité.  Ils demandent enfin au gouvernement, premier responsable de la sécurité publique de nos citoyens, de prendre des mesures idoines et concertées afin de protéger la vie des citoyens et leur intégrité physique.

 Certaines déclarations qui ne répondent pas à la réalité prétendent que les gaz lacrymogènes ont été lancés sur le boulevard et que le vent a orienté les fumées vers l’intérieur de l’église. La Conférence des Evêques du Togo fait remarquer aux porteurs de ces fausses allégations que des vitraux de l’église Saint Augustin ont été brisés non pas par les fumées ni par le vent mais par des tirs des mains sacrilèges qui ont profané la Maison du Seigneur.

Vu la gravité des faits ici rappelés et condamnés, l’Evêque du lieu prendra les dispositions qui s’imposent, conformément aux lois propres à l’Eglise.

Fait à Lomé, le 19 juin 2012

 

La Conférence des Evêques du Togo (CET)

 

 

 

 

 

 

 

Alphonse Ken




20/06/2012
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