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Guinée Canakry: La FIDH, satisfait de l'inculpation du Colonel Claude PIVI dans l'affaire du 28 Septembre 2009

Dans une déclaration conjointe rendue publique ce vendredi 28 Juin 2013 par la FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de lHomme), l'OGDG (Organisation guinéenne de défense des droits de lHomme), l'AVIPA (Association des victimes, parents et amis du 28/09) et l'AFADIS (Association des familles de disparus), l'affaire du 28 septembre 2009 est revisitée avec une note de satisfaction de ces organisations de défense des droits de l'homme. La note de satisfaction vient de l'inculpation du Colonel Claude PIVI, indexé depuis le début de cette affaire par les ODDH pour son rôle présumé primordial joué dans les faits le jour là même du 28 Septembre 2008 et même après. Ces quatre organisations de droits de l'homme constitués partie civile dans cette affaire commencent par avoir gain de cause avec l'inculpation par la justice de la guinée conakry du colonel Claude PIVI, ministre chargé de la sécurité présidentielle depuis 2008 et nommé par le président Dadis Camara. Pour la FIDH, l'OGDG, l'AVIPA et l'AFADIS, cette inculpation est "un grand pas pour la justice Guinéenne".
ce lien vous permet d'avoir une idée sur ces massacres et les viols perpétrés dans un stade de Cankry par les forces de sécurité guinéennes sur des centaines de sympathisants de l'opposition le 28 septembre 2009. Nul doute, un véritable crime contre l'humanité

Lire le communiqué

 

 


 

Communiqué de presse conjoint

Le colonel Claude PIVI inculpé dans laffaire du 28 septembre 2009 :
un grand pas pour la justice guinéenne


Paris, Conakry, le 28 juin 2013Le Colonel Claude Pivi, chef de la sécurité présidentielle, a été formellement inculpé hier par les juges dinstruction en charge de laffaire du 28 septembre 2009. La veille, le général Ibrahima Baldé, Haut-Commandant de la Gendarmerie nationale avait été entendu en qualité de témoin. Nos organisations saluent cette avancée judiciaire aussi attendue par les parties civiles quimportante pour cette procédure judiciaire et pour la justice guinéenne.

Les trois juges dinstruction chargés dinstruire, depuis le 1er février 2010, laffaire du 28 septembre, ont inculpé le Colonel Claude Pivi pour son rôle dans les événements du stade de Conakry, au moins 157 personnes avaient été tuées, et une centaine de femmes violées. M. Pivi doit maintenant être entendu sur le fond, dès la semaine prochaine.

« Depuis le début de linstruction, les victimes que nous accompagnons dans cette procédure craignaient que Claude Pivi, en raison des fonctions quil occupe et de sa place dans la hiérarchie militaire, échappe à la justice. Hier, les juges dinstruction ont apporté un premier élément de réponse en linculpant formellement. M. Pivi est présumé innocent et il va désormais pouvoir préparer sa défense, mais cest déjà une première victoire pour les parties civiles et plus largement dans la lutte contre limpunité en Guinée » a déclaré Thierno SOW, président de lOGDH.

M. Claude Pivi avait été nommé Ministre chargé de la Sécurité présidentielle par le capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte militaire au pouvoir en Guinée entre décembre 2008 et janvier 2010. Depuis, il a été maintenu à la tête de cette unité délite, quil dirige encore aujourdhui. Daprès le rapport de la Commission denquête internationale mise en place après les faits, M. Claude Pivi fait partie des personnes qui « pourraient être considérées comme pénalement responsable pour leur implication dans les événements du 28 septembre et des jours suivants ».

Nos organisations, constituées partie civile dans ce dossier, ont transmis aux juges des éléments accréditant notamment la présence et la possible responsabilité de M. Pivi dans des faits dune extrême gravité à proximité du stade et dans différents quartiers de Conakry, dans la journée du 28 septembre et au cours des jours qui ont suivi.

La FIDH, lOGDH, l'AVIPA et l'AFADIS qui ont pu rencontrer le Bureau du procureur de la Cour pénale internationale à la Haye au mois de mai 2013, avaient exprimé leur préoccupation face à certaines pesanteurs au sein du système judiciaire, et relayé limpatience grandissante des victimes, bientôt 4 ans après les faits. La Cour pénale internationale, qui a placé la Guinée sous analyse préliminaire après les événements du stade, avait conduit une huitième mission à Conakry au début du mois de juin pour évaluer lavancée de lenquête et faire des recommandations.

« Cette affaire est une opportunité pour la justice guinéenne de juger les responsables de graves violations des droits de lHomme. La Guinée doit saisir cette occasion pour restaurer les victimes dans leurs droits et pour renforcer un système judiciaire qui a souffert de cinq décennies darbitraire » a déclaré Me Drissa Traoré, Vice-président de la FIDH.

Toutefois, nos organisations expriment leur préoccupation quant à la sérénité de la procédure judiciaire et la sécurité de ses acteurs ou des victimes qui ont témoigné dans ce dossier, en raison du poste quoccupe M. Pivi aujourdhui. Comme nos organisations lavaient recommandé concernant le colonel Moussa Oumar Tiegboro Camara, inculpé en février 2012, ou que le commandant Sekou Resco CAMARA, Gouverneur de Conakry, inculpé dans une affaire de torture en février 2013, qui ont tous deux été maintenus à leur poste, nous recommandons aux acteurs concernés de prendre toutes les dispositions afin garantir lindépendance et limpartialité du processus judiciaire en cours, dans le respect du droit à un procès équitable. Nous les invitons donc à envisager la mise à lécart de ces hauts responsables, mis en cause pour des faits dune exceptionnelle gravité.

La FIDH, lOGDH, l'AVIPA et l'AFADIS soulignent que le Conseil des droits de lHomme des Nations Unies a adopté, dans sa 23ème session tenue à Genève en juin 2013, une résolution sur la Guinée, incitant notamment le Gouvernement guinéen à « soutenir les travaux accomplis par le groupe de juges et accélérer les poursuites judiciaires à lencontre des responsables des événements du 28 septembre 2009 ».

« Alpha Condé a fait de 2013 lannée de la justice, ce que nous avons salué. Aujourdhui, au terme de la première moitié de cet exercice, la justice guinéenne envoie un signal fort avec linculpation de Claude Pivi, comme elle lavait fait en février en inculpant le commandant Sékou Resco Camara, dans une autre affaire. Pourtant, la justice guinéenne devra aller plus loin et le gouvernement devra lui conférer un soutien plus important encore, pour que le bilan qui sera dressé en décembre soit positif. Car aux affaires symboliques de la lutte contre limpunité de janvier et février 2007 ou du 28 septembre 2009 sajoutent désormais celle des violences qui ont sévit à Conakry au cours des manifestations des dernières semaines»  a déclaré Karim Lahidji, président de la FIDH




28/06/2013
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